Qu’Est-Ce Qui Contrôle Ton Deadlift?

Pour la plupart des grands spécialistes de l’entraînement, le Deadlift est le roi des exercices du bas du corps en raison de l’impact qu’il a sur le recrutement musculaire, de son impact sur la chaîne postérieure et pour sa facilité à transférer la performance dans les mouvements sportifs. Il se taillera donc très rapidement une place dans une programmation et périodisation d’entraînement à l’objectif principal de travailler et optimiser la chaîne postérieure. Par contre, l’exécution de ce mouvement présente généralement différentes problématiques.

Par exemple, il n’est pas rare d’entendre des affirmations comme : « Je peux soulever le poids mais c’est mes mains qui lâchent en premier»… Ou encore observer une bascule du bassin vers la gauche ou la droite, ce qui ne favorise pas le mouvement et augmente la possibilité de se blesser ou d’avoir des douleurs… Si l’on se concentre d’un point de vue biomécanique, nous pourrions parler des problématiques comme une sur-tension des ischios-jambier ou le fameux psoas iliaque trop tendu. Mais si on se pose les vraies questions, qui contrôle ces mouvement? Qu’est-ce qui fait que cela se passe?

Le système podal

Le système podal possède des récepteurs sensoriels en rapport direct avec l’environnement qui est la plante du pied, auxquels on peut ajouter des récepteurs dit proprioceptifs permettant de situer le pied par rapport au reste du corps. Le système postural utilisera les informations proprioceptives et extéroceptives pour agir sur la régulation du tonus postural, car elles contribuent à déterminer des attitudes grâce aux informations qu’elles nous apportent sur le monde extérieur. Tout cela mis en place nous permet de pouvoir se mouvoir dans notre environnement avec efficacité et sans contrainte mécanique. Mais quand est-il si l’information captée par notre système podal est erronée?

Un manque d’information ou une sur-stimulation au niveau du pied l’amènera à se modifier et à s’adapter. Par exemple, il peut s’adapter en s’affaissant ou même en effondrant l’articulation astragalo calcaneene, ce qu’on appel un pied valgus. Cette adaptation amènera l’arche interne du pied en pied plat. Ensuite, le pied plat amènera des déséquilibres posturaux caractéristiques comme la rotation interne de la jambe, favorisant le genou valgum (les jambes en X) ou une antéversion du bassin (le bassin par en avant), ce qui provoquera une augmentation de la lordose lombaire (cambrure accentué) et une hypercyphose dorsale compensatoire (dos rond).

Toutes ces adaptations biomécaniques auront un impact sur l’apparition de douleurs et de tensions excessives comme sur les muscles spécifiques impliqués dans le Deadlift.

Les yeux

L’œil fait parti des capteurs sensoriels déterminant pour un équilibre postural optimal, ainsi que pour l’exécution de tâches motrices complexes. En effet, l’œil prends à lui seul 80% de l’information sensorielle. Il sera alors inconcevable de ne pas l’inclure dans notre équation pour l’optimisation de notre Deadlift.

Nos yeux nous permettent de voir, mais ont aussi une implication sur les mouvements et le toucher. L’œil transmet des informations qui permettent de toucher ce que l’on voit et de guider notre main vers un objet que l’on souhaite attraper. Cette capacité est la coordination œil-main que l’on développe lors de notre 1ère année de vie. Lorsqu’on est encore bébé, nous découvrons nos mains pour la première fois et nous ne savons pas vraiment de quoi il s’agit, ni à quoi ça sert. Puis on découvre notre nouveau monde à travers nos yeux avec l’envie d’interagir avec celui-ci.

Suite à plusieurs processus d’apprentissages moteurs et cognitifs, on apprend à utiliser nos mains, les activer, puis à les coordonner pour atteindre ce que l’on souhaite. Et si notre processus d’apprentissage n’était pas complet, est-ce que notre coordination œil-main pourrait avoir une influence sur notre contrôle moteur? Est-ce que cela peut venir influencer le mouvement de Deadlift et faire en sorte de mal utiliser la main?

Comme vous pouvez le comprendre, l’expression mécanique du corps correspond à la traduction de celui-ci sur son environnement externe et interne. Si la capacité à prendre de l’information est limitée ou perturbée, le cerveau traduira ce manque d’information par des compensations et des adaptations mécaniques. En conséquence, cela engendrera une capacité de mouvement réduite.

Le mot de la fin

Il est important de comprendre que lors de l’exécution du Deadlift, si le bassin bouge d’un côté, si la force de préhension lâche prématurément ou si des tensions excessives sur la chaîne postérieure limitant la bonne exécution du mouvement apparaissent, ce n’est pas exclusivement l’expression d’une faiblesse mécanique, mais bien un défaut du système sensoriel. La qualité de l’information sensorielle que tu captes sera déterminante pour avoir un bon contrôle moteur et bien performer. Tu peux donc passer 6 mois d’exercices d’étirement et de mobilité qui tue le plaisir de s’entraîner ou tu prendre le temps d’évaluer qu’est-ce qui cloche dans ton mouvement. Par la suite, une série d’exercices et d’activations spécifiques t’aideront à progresser comme tu le souhaite!

Coach Clèm

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